Martine Delvaux

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© Camille Freytag, 2017
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Martine Delvaux se bat contre les monstres machos, leurs tristes alliéEs, les méchancetés ordinaires, celles qu’on ne veut pas regarder, celles qui ne font que passer et celles qui ne passent jamais. Écrivaine, militante, enseignante, mère, elle transcende les rôles assignés pour que l’enseignement milite, que l’écriture caresse et que la mère écrive. Elle vient de publier et de lancer Le monde est à toi chez Héliotrope. 

1. Qu’est-ce qui a déterminé votre parcours? Comment en êtes-vous arrivée à cette ou ces professions?

J’ai su très tôt que je voulais enseigner à l’université. Et j’ai toujours su que je voulais écrire. Ce n’est pas clair, pour moi, pourquoi l’idée du doctorat m’est venue, mais c’est un objectif que j’avais en rentrant à l’université. Et après, j’ai fait mes études sans m’arrêter, ce qui fait que j’ai obtenu le doctorat très jeune. Je suis comme une sprinteuse. Je me suis fixé un objectif et je l’ai atteint. Après, l’obtention d’un poste, ça relève en partie du hasard, des circonstances. Et avec le temps, l’écrivaine est venue rejoindre la professeure, ce qui fait que ma vie, c’est tout ça à la fois.

2. Quelles sont vos passions, vos valeurs? Pouvez-vous les vivre dans le travail que vous faites? C’est-à-dire, est-il possible pour vous de concilier harmonieusement valeurs et travail?

Ma passion, c’est l’écriture. Après l’amour que j’ai pour ma fille. Et aussi, l’engagement politique. Je suis indignée en permanence.

J’arrive à concilier tout ça. Harmonieusement? Je ne sais pas… En travaillant beaucoup. En n’arrêtant jamais. Et en sacrifiant toujours, aussi, une partie de ce que j’ai envie de faire. J’ai souvent l’impression de voler du temps, de travailler à l’arrache. Mais je n’arrive pas à faire les choses autrement.

3. Qu’appréciez-vous le plus dans ce que vous faites?

Ma liberté. La possibilité d’écrire ce que je veux.

4. Qu’appréciez-vous le moins?

L’impression de ne jamais en faire assez, et de ne jamais le faire assez bien.

5. Qu’est-ce qui vous a le plus aidée à avancer dans votre vie – personnelle et professionnelle?

Ma détermination. Je suis quelqu’un qui ne lâche jamais. J’ai une tête de cochon.

Et aussi, le hasard. Obtenir un poste, ça relève en partie du hasard — arriver pile au bon moment.

6. Qu’est-ce qui vous a le plus nui?

Le machisme, des hommes bien entendu. Des professeurs que j’ai eus, de certains collègues, de certains étudiants aussi.

La rivalité des femmes, comme si on acceptait sans sourciller les règles d’un jeu qui nous est imposé. Je pense vraiment qu’il faut travailler fort contre le principe de l’élection, quand on est une femme.

Mon insécurité, mon manque d’estime pour ce que je fais.

7. Quelle figure de femme – personnage, auteure, chanteuse, etc. – vous a inspirée et de quelle manière?

Je ne suis pas beaucoup dans le regard posé sur d’autres pour m’inspirer… mais je pourrais sans doute dire Marguerite Duras. Parce qu’elle a été profondément libre. Qu’elle a touché à toutes sortes de formes littéraires, de modes d’expression. Qu’elle a vécu plein d’amours différents. Qu’elle a été mère passionnément. Qu’elle ne faisait pas les choses à moitié. Qu’elle a sans cesse raconté la même histoire.

8. Question sans question, mais avec deux choix. Premier choix : Avez-vous une histoire, une anecdote, un moment marquant que vous acceptez de partager avec nous? Deuxième choix : Quelles sont vos activités de loisir permettant de poursuivre le travail joyeusement? 

Je ne sais pas ce que c’est, un loisir… Mais je dirai qu’à part écrire, j’aime être avec ma fille (c’est elle qui emporte tout l’espace du loisir) et j’aime marcher. Je peux marcher pendant des heures, dans des villes, les découvrir comme ça sans vraiment m’arrêter. J’adore marcher. Quand je marche, j’écris dans ma tête des choses informes. C’est ce que je fais dès que j’ai besoin de m’aérer les pensées.

Et puis, j’aime les téléséries!

9. Et finalement, quelle femme inspirante me conseillez-vous de rencontrer afin de lui poser ces questions et de faire avancer ma quête-enquête? Et pourquoi elle?

Ça, je ne sais pas. Je me sens mal de nommer une femme en particulier. Je pense que nous sommes toutes inspirantes! Et que votre projet peut aussi poser cette question-là: qui est-ce qu’on considère inspirante, et pourquoi? …Une femme que j’adore: Monique Régimbald Zeiber… Elle est artiste! Et féministe!

 

 

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